La LADDH crie à un «nouvel esclavagisme»

L’ampleur des flux migratoires africains en Algérie, de provenance généralement de l’Afrique subsaharienne, a atteint des proportions telles que ces hommes et femmes, parfois circulant en famille, qui sont présents sur l’ensemble du territoire national. Il y a une dizaine d’années, ces ressortissants, se trouvant clandestinement en Algérie, s’étaient cantonnés dans les villes du sud algérien, principalement Tamanrasset, ville cosmopolite par excellence.

Poussés par la famine et les guerres, les ressortissants subsahariens sont, aujourd’hui, employés sur les chantiers algériens, principalement de construction de bâtiments et de travaux publics.

Non déclarés aux organismes d’assurance sociale, ces employés subissent un traitement «inhumain», selon un communiqué que vient de rendre public la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH)

«La Ligue suit avec attention l’exploitation que subissent les ressortissants africains de la part de patrons, chefs d’entreprises et grands fermiers». Elle dit tirer la sonnette d’alarme quant à la manière dont ces personnes sont employées sur le lieu de travail. Les employeurs «font fi de la législation du travail en vigueur dans notre pays, à savoir, en premier lieu, la loi 11/90 relative aux relations de travail, et particulièrement ses articles 05 et 06 qui énoncent les droits et devoirs des travailleurs», précise la Ligue.

La LADDH met en garde contre l’exploitation de la situation humanitaire de ces immigrés clandestins, ce qui correspond à une forme de «nouvel esclavagisme», que les employeurs tentent de justifier par le défaut de déclaration sociale. Ces travailleurs, ajoute le communiqué, gagnent un salaire inférieur à la moitié du salaire minimum perçu par le travailleur algérien. La Ligue révèle qu’un chantage est exercé sur les travailleurs africains dès qu’ils manifestent leur mécontentement face au traitement dont ils font l’objet sur leur lieu de travail. Pour obtenir leur silence, les employeurs menacent alors ces sans-papiers de les déclarer aux services de sécurité.

Le nombre d’Africains subsahariens en situation illégale en Algérie, serait, selon la LADDH, de 11.000 à 13.000. La Ligue déclare n’avoir pas pu recenser le nombre exact d’autorisations de travail accordé à certains d’entre eux, du fait de la réticence ou d’un franc refus des employeurs.

La LADDH indique que, sur la base des révélations du ministre du Travail en 2014, le seul chiffre officiel disponible est celui du nombre global de travailleurs étrangers exerçant en Algérie. Ces derniers sont évalués à 140.000, relevant de 125 nationalités.

Auteur : LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

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