Harcèlement sexuel contre les femmes au travail : » Un terrorisme d’un autre genre «

Le harcèlement sexuel contre les femmes travailleuses est un terrorisme d’un autre genre « , a estimé la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH). Le considérant comme nouveau phénomène qui s’est beaucoup répandu ces dernières années dans la société, celui-ci demeure toujours un sujet tabou, pas prêt à être débattu, souligne la source, qui a tiré la sonnette d’alarme quant à ce nouveau fléau qui touche de plus en plus de femmes sur leur lieu de travail.


Dans un communiqué rendu public, hier, le bureau de Chlef a dénoncé ce genre de pratique, qui représente, ajoute-il, un obstacle quant aux ambitions de nombreuses femmes dans le monde du travail, du fait que ce genre de pratique entrave leur parcour professionnel, mais menace aussi leur vie privée et sociale. Selon la LADDH, bien que la législation ait condamné le harcèlement sexuel, cependant, l’article qui ne protège pas le témoin à la barre ne pourra procurer la protection de la femme sur son lieu de travail, pis encore, elle ne pourra pas dissuader le coupable. « Le harcèlement se fait déjà loin des yeux, seul le témoin de l’acte sera victime.
C’est ce qui rend difficile de le prouver, et c’est ce qui pousse la plupart des femmes à rester en silence au lieu de faire à ce problème ; de crainte de quelconque scandale et de ses conséquences qui dans la plupart du temps condamne la femme et la porte responsable de l’acte « , explique ledit communiqué.
Se référant à la dernière étude faite par la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), en coordination avec la fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (Forem), qui a démontré que 50% de femmes dans le secteur public souffrent d’harcèlement sexuel, la LADDH a souligné que la reconnaissance de la femme d’être victime  de ce genre de pratique dans la société comme la notre, la rendra exposée aux suspicions, « non pas parce qu’elle a dit la vérité, mais parce qu’elle a dit la vérité dans une société enfermée prête à la condamner à tous les niveaux « , a-t-on indiqué.
Dans le même cadre, le bureau LADDH de Chlef, a exprimé son soutien et sa participation à la marche dans la wilaya de Khenchla qui aura lieu le 28 juillet prochain, dans le chef-lieu de la wilaya, afin de sensibiliser les citoyens aux dangers du harcèlement sexuel des femmes travailleuses.
La raison qui a poussé à cette action, est la femme originaire de la localité de Kais, employée au sein de l’APC dans le cadre du pré-emploi, qui n’a pas vu de suite à sa plainte portant motif harcèlement sexuel exercé par le secrétaire général de ladite APC. Pis encore, l’employée en question s’est vue licenciée de son poste d’emploi, en date du 8 juin dernier, via une ordonnance qui ne porte aucune référence, pour la transférer le 21 juin avec une ordonnance rédigée de la même manière.
La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme, a dénoncé tous ces actes méprisables et a revendiqué au ministère de l’Intérieur de dépêcher une commission d’enquête au niveau de l’APC de Kais, estimant que l’harcèlement sexuel est généralement exercé par le premier responsable au travail,  qui de par ses influences ne pourrait être mis dans les bancs des accusés, condamne automatiquement en retour la victime qui se retrouve accusée par son entourage et la société.

Auteur : LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

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