LA LADDH APPELLE À UN DÉBAT SUR LA SANTÉ PUBLIQUE

Dans un rapport publié ce samedi à l’occasion de la Journée mondiale de la santé signe par Mr HOUARI Kaddour  président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme , la LADDH mentionne les conflits récurrents entre les différents syndicats du secteur et le ministère de la Santé, en raison du flou entourant certains articles contenus dans ce projet de loi sur la santé. Le rapport décrie « la tendance du gouvernement vers la privatisation du secteur » sous prétexte que le secteur privé est complémentaire du secteur public. Les auteurs du rapport préviennent que l’application de ce projet de loi dans sa forme actuelle finira par effacer ce qui reste du secteur public et les portes seront fermées devant des milliers de citoyens. La ligue rappelle que depuis 2003, d’ex-ministres ont déjà tenté d’appliquer ce projet de loi, qui sommeille actuellement dans les tiroirs de l’APN, mais à chaque fois le gouvernement recule face à la protestation des syndicats du secteur.


Pour un système de santé équitable, la ligue appelle à l’ouverture d’un débat sur la santé incluant toutes les parties pour élaborer une charte nationale de la santé. Le document de la LADDH, qui dresse un bilan alarmant sur la situation du secteur, appelle à une réforme immédiate en matière de gestion, d’encadrement médical et d’infrastructures. Les auteurs du rapport mentionnent le manque d’entretien du matériel médical, indiquant même que des équipements sont toujours sous emballage du fait que les professionnels de la santé ne savent pas s’en servir. « En l’état actuel des choses, la fonction des hôpitaux est presque réduite à l’accueil des malades puisque les radios, les analyses et les scanners sont effectués chez le privé à des prix exorbitants », note la LADDH.
La ligue déplore par ailleurs le recul inquiétant de la politique préventive adoptée par l’Algérie depuis l’indépendance, du fait du déclin « inquiétant » des activités et des campagnes de prévention. Soulignant le déséquilibre régional en matière d’accès aux soins, la LADDH affirme que l’enquête menée par ses services dans certaines wilayas du pays a révélé un déficit flagrant en matière de prise en charge des malades, en notant l’absence de mécanisme de contrôle des dépenses e t l’incapacité de faire face aux changement épidémiques.
Pour consacrer un système de santé plus équitable, la ligue appelle les plus hautes instances de l’Etat à intervenir pour réformer les mentalités figées qui gèrent le secteur comme s‘il s’agissait d’un « bien privé ». « Le secteur doit travailler « avec toute la détermination » pour identifier des stratégies globales, toutes impliquées dans le développement et la modernisation du système ». Elle demande également la sanction des responsables incriminés pour leur mauvaise gouvernance, qui a soutenu l’émergence de « barons » de la santé dont la seule préoccupation est le gain facile sur le dos des patients.

 

Auteur : LADDH

La Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH) est une association nationale à but non lucratif soumise aux dispositions de la loi 12/06 du 12 janvier 2012 relative aux associations. Elle a été créée en 1985 par un groupe de militants . Officiellement reconnue par les autorités, le 26 juillet 1989, après l’ouverture politique arrachée par les événements du 5 octobre 1988../ contact : laddhalgerie@gmail.com

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