La LADDH dénonce la montée d’une « xénophobie et d’un racisme insupportables »

Après les incidents «d’une extrême gravité » survenus vendredi à Béchar entre des habitants de la cité OPGI et des migrants, la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme (LADDH) s’inquiète, dimanche, du développement d’une «xénophobie et d’un racisme insupportables» et appelle à s’y opposer par «les moyens de loi» et une «implication forte des acteurs de la société».

Le communiqué note que plusieurs blessés ont été enregistrés dans les « deux camps » dont des « dizaines de migrants parmi lesquels des femmes et des enfants. »

La LADDH indique que selon des informations recueillies sur place, les incidents ont commencé dans la matinée du vendredi «quand un groupe d’individus a attaqué les migrants avec des jets de pierres et autres armes blanches dans le but de déloger ces derniers de leur lieu de vie, qui n’est autre qu’un centre commercial abandonné.»

Le motif invoqué pour cette attaque serait qu’une fillette «aurait été victime d’une tentative d’agression de la part d’un ou de plusieurs migrants. ». Les migrants contactés par l’ONG contestent cette version et dénoncent « une machination qui viserait à les chasser de ces lieux de refuge. »

 

La LADDH que les autorités locales à Béchar ont réagi en obligeant les «migrants à quitter la ville ». Certains de ces migrants, note l’ONG, sont arrivés à Oran «blessés, fatigués et pour certains, ayant perdu leur effets personnels et leurs bourses».

La LADDH dénonce des violences «assimilables à une expédition punitive d’une autre époque » et réclame aux autorités une «enquête sérieuse et impartiale sur les allégations d’une éventuelle victime » et sur les «auteurs de cette attaque qui a ciblé un groupe d’individus sur la base de leur couleur et de leur situation d’étrangers. »

Le 2 mars dernier, à Ouargla, la mort d’un algérien, Azzedine Bensaïd, poignardé par un migrant alors qu’il tentait de secourir une voisine avait dégénéré en une expédition punitive contre les migrants.

Les autorités ont décidé d’évacuer plus de 1200 migrants vers la wilaya de Tamanrasset « pour les protéger des représailles et éviter tout dérapage », selon le chef de sûreté de la wilaya d’Ouargla, Hamid Boujatit, cité par le quotidien El Watan.

Le départ de ces migrants a d’ailleurs eu un impact économique que le wali a reconnu lors d’une conférence de presse où, toujours selon El Watan, il « regrettait le départ des migrants, qui va engendrer un retard dans les chantiers de construction. Depuis 2012, c’est la première opération de rapatriement qui touche autant de nationalités africaines. »

 

Une « perversion » qui est une « violence extrême »

De manière plus générale, la LADDH dont le communiqué est signé par son président, me Noureddine exprime sa préoccupation de la «répétition de ces actes ».

Cela doit, indique la ligue, « fortement interpeller l’ensemble de la communauté nationale sur les risques du développement d’une xénophobie et d’un racisme insupportables dans un pays qui en a beaucoup souffert et qui sont une injure aux valeurs humanistes universelles professées par les militants du mouvement national algérien et de l’indépendance ».

Cette perversion xénophobe et raciste est une violence extrême qui a des effets destructeurs graves pour l’ensemble de la société. Il faut s’y opposer par les moyens de la loi et par l’implication forte des acteurs de la vie sociale. ».

Dans une allusion à la couverture biaisée des évènements par certains médias, la LADDH constate que des « discours de divers horizons ne contribuent pas à apaiser les esprits » et « n’échappent, malheureusement pas, aux stéréotypes et autres clichés concernant la réalité de la migration en Algérie. »

La CNCPPDH et la LADDH à propos des droits de la femme Des avancées en attendant la parité

Le statut de la femme algérienne a évolué d’une manière importante et substantielle.

« Aujourd’hui, la femme est mieux protégée dans ses droits et dans sa sécurité physique, en plus de la protection politique qui s’est traduite par le système des quotas décidé par le président de la République en vue de lui garantir un place respectable au sein des assemblées élues », souligne-t-il. Mais si la situation de la femme est en train de s’améliorer, Me Ksentini estime que des efforts sont à faire en ce qui concerne le code de la famille. Que faut-il changer sur ce plan ? Le président de la CNCPPDH plaide pour la modification de la question ayant trait à l’attribution du logement à la femme divorcée. Le texte dit clairement que si elle ne bénéficie pas de logement, elle a droit à un loyer. Or les loyers fixés par les juridictions sont, selon lui, « dérisoires » sans aucune réalité avec les prix dans notre pays.

Continuer la lecture de « La CNCPPDH et la LADDH à propos des droits de la femme Des avancées en attendant la parité »